Le 20 juillet 2015 a commencé devant les Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises le procès de l’ancien Président Tchadien HISSENE HABRE pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et tortures. Enfin pourrait-on s’exclamer en disant que pour la première fois dans le monde qu’un ancien chef d’Etat est poursuivi par des juridictions d’un pays étranger pour graves violations des droits de l’Homme. Ce procès survient après de vives turbulences : son exil vers le Sénégal, et la ténacité des victimes plaignantes.

C’est ainsi qu’au cours de nombreuses audiences pendant lesquelles HISSENE HABRE gardait toujours le silence, avait toujours le corps tout recouvert jusqu’au visage. Voici donc parvenue ce 30 mai 2016 la dernière audience pour le verdict de sa sentence. D’après les Avocats de ce dernier, les Présidents sénégalais et Tchadien MACKY SALL et DEBY Idriss et donc de par leur gouvernements respectifs seraient à l’origine de toute cette mascarade et cette traque organisée contre leur client. Et dès lors le jugement est don biaisé et non équitable. Dans la même lancée, l’ex Président a choisi de ne pas se prononcer sur les faits qui lui étaient reprochés. En décrédibilisant la Cour, en se faisant évacuer plusieurs fois parce qu’il scandait des slogans tels que : « A bas les traîtres ! », « Allah Akbar ! », « Vive le Tchad ! », « Tribunal impérialiste et colonialiste ! ».

Bien qu’étant un homme très intelligent, très stratège en ce qui concerne la communication, et s’étant établie une très bonne relations dans sa zone de résidence au Sénégal (quartier Ouakam). On peut dire aujourd’hui que la peur a changé de camp, et qu’un soulagement arrive enfin pour les victimes de ses exactions pendant son règne.

La cour après six mois de procès, prononcera une sentence d’une condamnation à la prison à vie. Suite à la reconnaissance de sa culpabilité pour : « crimes contre l’humanité », « crimes de guerre » et « viols ». Cependant l’on se demande si cette condamnation vient lancer effectivement l’autonomie des juridictions des Instances et Institutions africaines ? Quand nous savons qu’elles sont très souvent passives et partiales face à  des situations plus ou moins graves. Ou alors d’être sous la coupôle des occidentaux.